du 21 au 24 avril 2010
Marc Bertin, Philippe Bombled, Sébatien Eveno, Catherine Fourty, Sylvie Jobert, Richard Dubelski et François Marillier (jeu et percussions), Catherine Pavet (jeu, accordéon, percussions)
Isabelle Perillat
Christian Dubet
Richard Dubelski, François Marillier et Catherine Pavet
Laure Pichat
1H40
Derrière ce titre en forme de fable, il y a d’abord le désir d’interroger la notion de démocratie. Avec des mots, qui ne sont pas forcément ceux de la littérature, avec des sons et des chansons, des visions plutôt que des images. Un pari de théâtre-mosaïque, dont une ville française de moyenne importance serait le motif central.
Tout a commencé avec la lecture de comptes-rendus de conseils municipaux de plusieurs communes du Pas-de-Calais…
D’où est née l’idée du spectacle ?
Thierry Roisin : Quand je suis arrivé à Béthune, ne connaissant ni la ville, ni la région, j’ai demandé à la mairie les compte-rendus des conseils municipaux des deux dernières années, pour m’informer. La première surprise a été de découvrir tous ces débats, rédigés avec grande précision comme un scénario ou une pièce de théâtre !
En plus des compte-rendus de conseils municipaux, quels sont les autres matériaux ?
TR : J’ai trouvé le premier chez Platon, dans La République. Dans un dialogue animé par Socrate, la question est posée de l’origine de la cité et de l’apparition de l’injustice. Pour la deuxième source, nous avons interrogé, pendant plusieurs mois, des maires et élus de villes de régions différentes, en suivant un même protocole de questions. Une somme de témoignages, intimes, souvent émouvants, parfois troublants, qui nous éclairent sur la façon qu’a chacun d’eux de pratiquer la démocratie, a été rassemblée.
S’agit-il d’un spectacle à caractère documentaire ?
TR : Non, même si les textes qui le constituent sont majoritairement issus de la réalité. Mon propos n’est pas de renvoyer un miroir exact de la réalité mais de proposer des points de vue divers et d’inventer une théâtralité adaptée à ces textes, afin de rendre sensible le propos. Tout le pari est là : faire théâtre avec des matériaux non dramatiques, c’est à dire proposer du sens et une esthétique ! Sur le plateau, l’utilisation de différents langages, musicaux et visuels, vise à donner une portée spectaculaire ou tout au moins poétique à notre propos !
Extraits d’un entretien réalisé au début des répétitions
Thierry Roisin
En 1985, il fonde la compagnie Beaux-Quartiers. Pendant vingt ans, un réseau d’artistes (scénographe, éclairagiste, dramaturge) a accompagné régulièrement ses créations.
La compagnie a produit 21 spectacles.
La rencontre avec l’équipe des acteurs sourds d’I.V.T. a marqué son parcours.
Ses spectacles ont abordé aussi bien des textes du répertoire que des écritures contemporaines, des adaptations de nouvelles (Gustave Flaubert, Satyajit Ray, Gertrude Stein), des récits de voyage (Alexandra David-Neel, Tintin au Tibet), des textes philosophiques (Montaigne, Leopardi), des textes poétiques (le Kamasoutra), sociologiques (La Misère du monde de Pierre Bourdieu).
En 2004, il est nommé directeur de La Comédie de Béthune CDN Nord- Pas-de-Calais, où ont été créés notamment : Crave (Manque) de Sarah Kane, L’émission de télévision de Michel Vinaver, Montaigne, d’après Les Essais de Montaigne.