Maison de la Culture d’Amiens - Centre de création et de production
Théâtre national de Chaillot
Denis Podalydès
Stéphanie Daniel
Bernard Valléry
Eric Ruf
Co-mise en scène Emmanuel Bourdieu et Eric Ruf
production déléguée Maison de la Culture d’Amiens - Centre de création et de production
Cette dernière partie du roman de Stevenson est sans doute celle qui permet le mieux de comprendre cette histoire incroyable de dédoublement puisqu’elle correspond à une sorte de confession distillée par Jekyll à son ami Utterson, confession où très lentement on ressent la présence de plus en plus prégnante de Hyde qui se met à parler dans le corps de son créateur. Christine Montalbetti, l’auteure, a su saisir cette lente mais évidente possession et la rend présente aux spectateurs qui deviennent les interlocuteurs privilégies de ce Jekyll racontant sa vie et ses expériences scientifiques. Au bord de la folie mais toujours conscient de son rôle de démiurge, cherchant le contact avec cet autre lui-même qu’il ne rencontre jamais, Jekyll réalise le rêve absolu : le dédoublement parfait…Tout ce Jekylll ne peut pas se permettre socialement, Hyde peut le réaliser dans des débauches démoniaques. Dans la justification de l’expérience scientifique Jekyll trouve le moyen de ne pas être entièrement dévoré par sa créature qui l’envahit. C’est un mythe qui nous est ainsi exposé, fait de cauchemars et de visions poétiques, un mythe philosophique dont on peut penser qu’il touche aux pulsions les plus profondes de l’être humain.